La Filature Arpin

Même en vacances, je pense à la couture. Vous pensez que je suis accro ? Ceux qui me connaissent savent que j’aime les belles matières, que j’aime privilégier les artisans ou les productions locales. Lors de mes vacances dans les Alpes, j’y ai fait une belle découverte. Je connaissais de nom la filature Arpin, pour aller chaque année dans la région. L’été dernier, j’ai suggéré à ma petite famille, assez égoïstement je l’avoue, de visiter la filature Arpin qui est à Séez, à la sortie de Bourg-Saint-Maurice. Ce fut une belle découverte ! Nous étions les seuls, et avons donc eu droit à une visite guidée juste pour nous.

img_1493

La Filature Arpin est une Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), ce qui veut dire que le Ministère de la Culture a considéré l’intérêt patrimonial de certaines machines et a décidé de classer certaines d’entre elles au titre des « Objets Monuments Historiques ». Elles restent la propriété de la Filature et une dérogation autorise leur utilisation quotidienne. Ce qui permet de garder des témoins de l’évolution  de l’industrie textile, en garantissant le caractère exceptionnel de l’entreprise. Ce type de « classement » n’existe malheureusement pas en Belgique qui était à une époque bien active dans l’industrie textile. Bon nombre d’entreprises se sont vues dans l’impossibilité d’investir et de suivre l’évolution rapide de l’industrie textile. Il est bien dommage de ne pas voir de tels patrimoines par chez nous. Mais je vais me renseigner sur le sujet.

L’atelier s’est installé à Séez en 1817, au bord du torrent qui était un endroit stratégique, non seulement pour laver la laine, mais également pour la teindre et produire de l’énergie pour les machines.

Je vais vous épargner la description de la visite et le détail des étapes, mais je vous conseille vivement la visite si vous êtes dans le coin ! C’est assez surprenant de voir que ce savoir-faire fait encore partie du quotidien à notre époque. Lorsque j’ai vu tout le processus de fabrication, j’ai mieux compris pourquoi les produits finis Arpin sont  si  couteux. La maison Arpin a le mérite de garder une production locale, et même si la teinture n’est plus faite sur place mais sous-traitée, elle reste locale (Albertville si j’ai bon souvenir ?!). Ce sont plus de 20 étapes manuelles qu’il faut pour obtenir le « Drap de Bonneval », de la laine brute au lavage/séchage, en passant par le filage, le bobinage, le tissage et j’en passe.

J’ai eu l’occasion d’observer les différentes machines qui interviennent dans le processus de fabrication du Drap de Bonneval. Entre autres; le batteur, le loup, la cardeuse (vient des fleurs de chardons utilisés autrefois), le continu à filer, le bobinoir, le métier jacquard, le foulon dont j’ignorais l’existence. Le « Loup » est utilisé pour démêler les paquets de laine et rend la matière plus homogène. Celle machine a été achetée d’occasion en Belgique. Petit clin d’œil au passé textile du plat pays.

img_3035

Et bien, j’espère vous avoir donné envie de faire un petit détour par la filature si vous êtes de passage dans le coin.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s